nov. 16, 2010

L'Aveu

"Nous sommes tous faits de contradictions." Claire Fourier

"Tous", mais surtout les femmes, en réalité, qui cultivent la mort comme on cultive le paradoxe.

Qu'est-ce qu'un Breton suicidaire (j'en ai connu plusieurs) ? C'est un homme qui craint de décevoir ou d'avoir déçu sa mère. On n'est guère éloigné du mobile d'amour-propre de Judas Iscariote, car les mères ont ce tic d'aimer leurs gosses comme s'ils étaient une partie d'elles-mêmes, ce qui constitue l'enfer. La dose d'amour-propre que contient l'amour d'un fils pour sa mère est énorme, c'est pourquoi il y a souvent de la dévoration entre les deux. Tout le ripolinage du coït en quoi l'hideux romantisme consiste vient de là. Et le pauvre crétin Houellebecq qui se prend pour Balzac.

Qu'est-ce qu'un Breton heureux (j'en ai connu plusieurs) ? Souvent un homme qui croit avoir accompli le rêve de sa mère. La Bretagne est une terre de superstition -et donc d'hommes de loi-, car le premier des scepticismes consiste à se méfier de sa mère.

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